mardi 22 juin 2021

Les dames de Marlow - Robert Thorogood

 


Dans la petite ville de Marlow, en Angleterre, Judith Potts, 77 ans, mène la vie qui lui plaît. Elle boit un peu trop de whisky et se baigne toute nue dans la Tamise, et alors ? Au pays des excentriques, elle est la reine ! Un soir, elle entend, provenant de la maison de son voisin, un cri suivi d'un coup de feu. Elle en est sûre : un meurtre a été commis. Mais la police ne la croit pas. Pas d'énigme sans solution pour Judith Potts ! La vieille anglaise passionnée de mots-croisés va se lancer dans l'enquête avec, à ses côtés, Becks, la femme du vicaire, et Suzie, la promeneuse de chien et commère attitrée de Marlow. Vous reprendrez bien un nuage de crime avec votre thé ?


Mon avis
Il faut savoir que je suis totalement amoureuse du british styles. Et j'aime de plus en plus lire du cosy mysteries. Aussi, quand j'ai entendu parler de cette sortie littéraire, il me fallait absolument succomber. 

Ici nous suivons la truculente Mrs Judith Potts ! Elle détonne et j'ai vraiment eu un gros coup de cœur pour ce personnage. 
Un soir, alors qu'elle nage nue dans la Tamise, elle entend un cri (la voix de son voisin) et un coup de feu. Elle est persuadé qu'il s'est fait tiré dessus. Elle appelle la police, mais l'officier qui se rend sur place n'a pas l'air bien décidé à voir si quelque chose est arrivé à ce cher voisin. 
Judith décidé alors de mener sa petite enquête entre ses mots croisés, son verre de whisky et l'heure du thé ! Pour ça elle sera appuyé par ses amies : Suzie et Beck. 

Que de plaisir ! 
Dès les premières pages, j'ai été plongée dans l'ambiance. Je m'y voyais vraiment. J'avais totalement l'impression d'être la quatrième comparses de ce petit groupe d'enquêtrice amatrice ; un brin loufoque mais totalement formidable. 
Judith malgré son grand âge est génial. Pleine de vie, drôle, mais au caractère bien trempé avouons-le, elle a su conquérir mon cœur. J'ai déjà hâte de la retrouvé. Elle me manque. J'aurai tellement aimé avoir ce genre de bonne petite femme comme grand-mère. Plaisir et folie assuré !
J'ai beaucoup apprécié Beck et Suzie, elles ont toutes deux leur place et forme un beau trio avec notre héroïne passionnée de whisky. 

L'intrigue est vraiment bien conçu ce qui amène encore du positif à cette lecture quasi parfaite. 
Avec ce roman totalement cosy, que j'ai dégusté avec un bon thé (oui, car même avec la chaleur, le thé reste de mise dans ma vie et mes journées), j'ai ris, j'ai souris, je me suis prise au jeu... bref il a fait son job et je sens que le temps va me sembler bien long dans l'attente de la suite. Mais je serai au rendez-vous, impatiente de retrouver Judith, Beck et Suzie. 

Je vous conseille vraiment cette lecture, qui saura vous ravir et vous tenir en haleine un petit moment. 


lundi 14 juin 2021

Le tourbillon de la vie - Aurélie Valognes

 


Le temps d’un été, Arthur et son petit-fils rattrapent les années perdues. Plus de 60 ans les séparent, mais ensemble ils vont partager les souvenirs de l’un et les rêves de l’autre. Le bonheur serait total si Arthur ne portait pas un lourd secret. Un roman sur le temps qui passe, la transmission et les plaisirs simples qui font le sel de la vie.







Mon avis
Je n'avais encore jamais déguster la plume d'Aurélie Valognes, et le sujet de son nouveau roman me tentait tellement. Car à priori, ce roman, c'est tout ce qui manque à ma vie. Je m'explique.

Dans ce roman nous suivons deux personnages particulièrement, qui tout deux m'ont touchés et tellement émus. Tout d'abord Louis, un jeune garçon de 8 ans, qui vient passé l'été chez son grand-père, Arthur. Le temps d'un été, nos deux compères vont se découvrir, s'apprendre et s'apprivoiser. Cet été là, sera intense, car il se pourrait bien que ce soit le dernier, Arthur cachant un lourd secret mais qu'il sera difficile de garder. 

Je savais juste en ouvrant ce roman que la relation d'un grand-père et son petit-fils était au cœur du récit. Et il ne m'en fallait pas plus. Je ne voulais d'ailleurs pas en savoir plus. Je voulais me laisser porter.
Comme je l'avais imaginer, ce roman a été particulièrement émouvant pour moi. Non seulement parce que n'ayant pas connu mes grand-père, je m'en suis fait tout un roman dans mon esprit, les idéalisant sûrement mais les aimant tendrement. Et cette relation d'un enfant avec son grand-père a tellement été un manque dans ma vie, encore aujourd'hui… 
Et puis, il s'agit aussi un livre qui traite de la transmission ; ils vont partager des souvenirs, des rêves, malgré la soixantaine d'années qui les séparent. S'en créer également et vivre, tout simplement et s'amuser ensemble.

J'ai tellement aimé ce duo de personnage, la douceur, la folie, la fraîcheur qui se dégage d'eux. Je n'ai cesser de m'imaginer à la place de Louis. J'ai versé ma larme, tellement cette relation m'a touché, m'a ému. 
Il ne se passe pas forcément grand chose, mais tout passe par l'émotion, la joie, le bonheur et cette relation tellement forte au final. 
La plume d'Aurélie Valognes a su me toucher, m'émouvoir. Je lisais ce récit avec envie, et avec une fluidité sans pareil. 
Il est clair que je vais me pencher davantage sur les autres romans de l'autrice et me laisser guider encore une fois. 

Je vous recommande tellement cette histoire qui à tout, surtout en cette belle période estivale. 
Merci beaucoup Mme Valognes pour ce moment d'émotion et de bonheur. 



lundi 7 juin 2021

Nous étions le sel de la mer - Roxanne Bouchard

 


« C'est Vital. Ça a l'air qu'il a ramassé un cadavre dans ses filets. Il l'a dit dans sa radio. Tu veux qu'on t'en raconte, des histoires de marins ? Reste avec nous autres pis tu vas en voir, la p'tite ! » 
 
Ce matin-là, Vital Bujold a repêché le corps d'une femme qui, jadis, avait viré le cœur des hommes à l'envers. En Gaspésie, la vérité se fait rare, surtout sur les quais de pêche. Les interrogatoires dérivent en placotages, les indices se dispersent sur la grève, les faits s'estompent dans la vague, et le sergent Moralès, enquêteur dans cette affaire, aurait bien besoin d'un double scotch.


Mon avis
Décidément, les plumes québécoises me touchent bien particulièrement ! J'ai refermé cet ouvrage il y a peu et je suis encore sous le charme de la plume de l'autrice et sous l'émotion que m'a procuré cette histoire. 

Nous sommes en Gaspésie et plus précisément dans le petit village de Caplan. 
Un jour, on remonte dans les filets le corps d'une femme, morte. Cette femme, c'est Marie Garant et c'est le sergent Morales qui va devoir enquêter et découvrir ce qu'il s'est vraiment passé. 
Le sergent vient de débarquer dans ce village et cette enquête sur une femme qui a fait tourner bien des têtes et ravager des cœurs, va être complexe. Marie était aussi insaisissable et sauvage que la mer… 

Qu'est-ce que j'ai aimé ce texte, bien trop court, tellement je me suis régalée avec la plume de l'autrice, l'intrigue et les personnages. 
La plume est tellement poétique, tellement tendre mais en même temps pleine de fougue. J'avais du mal à fermer le livre pour travailler ou faire autre choses. 
J'entends encore le murmure de la plume de Roxanne Bouchard même si ça fait plusieurs jours que j'ai quitté ce texte. 

Et les personnages ! Comme je les ai aimé, comme je me suis attaché à eux, comme j'ai été touché par leurs histoires, leurs vies. Chacun des personnages avaient une place indispensable, Cyrille, Jérémy, Catherine, Renaud, le sergent. 
La mort de Marie fait ressurgir des souvenirs, des demi-vérités, mais aussi des instants de vie qu'on aimerait laisser loin derrière nous, oublié en pleine mer, noyé. 

Je ne sais pas vraiment quoi dire de plus, pour ne pas gâcher votre lecture. La seule chose que j'aimerai ajouté, c'est qu'il vous faut découvrir ce récit et cette autrice. Je suis tombé en amour devant sa plume, devant sa manière d'écrire et de nous transmettre l'amour pour ses personnages. 
J'ai déjà prévu de m'offrir les autres ouvrages de l'autrice ce mois-ci  ! Passion quand tu nous tiens :)




mardi 25 mai 2021

Les rois maudits, T2, La reine étranglée - Maurice Druon

 


Faisant suite au Roi de fer, La Reine étranglée commence au lendemain même de la mort de Philippe le Bel. Un prince de faible caractère, Louis X le Hutin, dont l'épouse, Marguerite de Bourgogne, est emprisonnée pour adultère, succède à un monarque exceptionnel. Tandis que la Chrétienté attend un pape et que le peuple meurt de faim, les rivalités, les intrigues, les complots vont déchirer la cour de France et conduire barons, prélats, banquiers, et le roi lui-même, au fond d'une impasse dont ils ne pourront sortir que par le crime.


Mon avis
Souvenez-vous, il y a quelques semaines je vous disais que j'avais eu un beau coup de cœur pour le premier tome de la célèbre saga de Maurice Druon. Je pensais qu'il serait impossible d'aimer plus encore ce second tome et pourtant…

Tout d'abord, je ne vais pas trop rentrer dans les détails, histoire de ne pas spoiler ceux qui n'aurait pas lu cette merveilleuse saga. 
Dans ce tome, nous sommes au lendemain de la mort de Philippe Le Bel (bah oui, tous ceux qui ont fait un peu d'histoire savent qu'il meurt et comment). Louis X le Hutin est à la tête du royaume. Mais ce roi, un peu trop jeune sans doute, faible de caractère et quelque peu gauche dans sa posture de souverain, laisse les rennes du pays à son oncle Charles de Valois, quasiment. Non seulement, Louis X vit très mal la trahison de sa femme Marguerite, enfermée mais il sait qu'il doit donner un héritier à la couronne. Charles lui, en profite, pour assouvir sa soif de pouvoir. 
C'est sans compter sur Marigny, chambellan de France et d'autres personnages qui prendront de l'ampleur. Et n'oublions notre cher Robert et sa tante Mahaut qui continuent de se livrer une bataille féroce pour l'Artois. 

Ce second tome est le tome des complots, des intrigues. Chacun y va de son stratagème, essayant de tirer son épingle du jeu, de gravir les échelons et de gagner en pouvoir. 
Ce deuxième tome met l'accent sur le duel qui oppose les anciens ministres de Philippe le Bel et Charles de Valois, frère du roi défunt, qui étend sa félonie sur le royaume de France.
Les personnages ont une force. Maurice Druon est un véritable génie, rendant ses personnages tellement proche du lecture. On les suit, on les comprends, on les déteste, on les prend en pitié, bref on ne reste certainement pas indifférent. 
Ce pan de l'histoire, incroyablement riche, devient sous la plume de l'auteur tellement abordable, juste et épique. Une véritable aventure, que l'on vit le cœur battant, comme si nous faisions partie de l'époque, comme si nous étions acteur de la cour.  

Enorme coup de cœur pour cette saga, ce second opus. C'est un crève cœur pour moi d'arriver à la fin d'un tome. Que c'est bon de se lover dans cette histoire, de se laisser porter par monsieur Druon et de vivre l'Histoire avec un grand H. comme si on y étais. 
J'aime l'histoire depuis gamine, c'est ma première passion avant même la lecture et Maurice Druon a su faire grandir cet amour encore plus, si c'était possible. Le Moyen Age est une période si riche, si intense. On n'aura pas d'assez un vie d'homme pour en connaitre toute la splendeur, toute les parts d'ombres mais aussi de lumières de cette époque qui un vu un pays naitre et se transformer ! 

Je ne peux que vous conseiller cette grande saga. Maurice Druon s'aura vous faire aimer l'histoire ! 

A très vite pour le troisième tome ! 





mercredi 19 mai 2021

Journal créatif - Une page sur le fait de s'aimer et aimer ce que l'on a

 Si il y a bien une chose qu'il faut savoir sur moi, c'est que j'ai beaucoup de difficulté à m'aimer ! Je travaille dessus depuis bien des années, mais 36 ans avec cette souffrance ne s'efface pas en un claquement de doigt. 

Avec ma nouvelle activité créatrice, j'ai eu envie de mettre en valeur cette phrase, trouvé dans le Miracle Morning de Hal Elrod, aux éditions Pocket (en cours de lecture actuellement). Si le contentement de ce que j'ai me va parfaitement, me satisfaire de qui je suis (même si on cherche tous à s'améliorer) est autre chose. Je pourrais donc voir, j'espère voir mon évolution dans ce domaine grâce à mon journal créatif. 


Ici, j'ai juste utilisé des chutes de papiers divers, un sticker, j'ai dessiner aux feutres et écrit au stylo feutre noir, et j'ai utilisé un Posca noir et un argenté ! 


samedi 15 mai 2021

La lumière était si parfaite - Carène Ponte

 


Comment sa vie a-t-elle pu lui échapper à ce point?? Devenue mère au foyer à la naissance de ses enfants, Megg fait face aujourd’hui à une ado en crise qu’elle ne reconnaît plus. Son mari ne se préoccupe guère des tâches quotidiennes. Et puis il y a eu le coup de grâce, cette saleté d’infarctus qui a fauché sa mère avant l’heure. Tandis qu’elle se résout à vider la maison de son enfance, Megg déniche une pellicule photo qui l’intrigue, et décide de la faire développer. Rien ne pouvait la préparer à la série de clichés qu’elle découvre alors… Une révélation qui bouleversera sa vie. Partie sur les traces d’un passé maternel dont elle ignore tout, Megg ne se doute pas que c’est son avenir qu’elle est en train de reprendre en main. 

Mon avis :
Si je connaissais Carène Ponte notamment grâce aux réseaux sociaux et, avouons-le qu'il faut vivre dans une grotte pour ne pas avoir entendu parler de ses ouvrages tant appréciés par les lecteurs. 
Quand son dernier roman est sortie, j'ai eu envie de tester, le synopsis me parlant particulièrement. 

Dans ce récit, nous suivons Megg, une femme de presque quarante ans, deux enfants dont une ados qui forcément s'éloigne de ses parents, déployant ses ailes, et un mari adorable mais très pris par son travail. Megg a perdu sa maman quelques mois auparavant d'un infarctus et découvre, en rangeant la maison familiale une pellicule qui va tout changer. 
Voilà le pitch de base et je pense qu'il ne faut pas en savoir davantage pour s'immerger totalement dans ce récit. Surtout si, comme moi, vous aimez découvrir un texte sans rien en savoir ou presque. 

Alors certes, le roman de Carène Ponte ne révolutionne pas le genre, mais servi par une plume fluide et vive, pleine d'émotions, et porté par un personnage principal ô combien attachante, il fut pour moi un moment de lecture de pur bonheur. Ce n'est d'ailleurs pas pour rien que mon cœur n'a cesser de battre la chamade tout du long. Oui, ce roman de Carène Ponte est un véritable coup de cœur. 

Il est tellement facile pour moi d'aimer et de m'attacher à Megg, qui tout comme moi est maman (même si ma fille n'a que 4 ans - je pense déjà à son adolescence - et que je suis célibataire et non marié au cher Stéphane). Non seulement j'ai aimé ce moment avec Megg, que j'ai vu un peu comme ma meilleure pote, tout le long du récit, mais en plus partir avec Romy et la fille ado de Megg, pour un périple en Europe… c'est exactement ce qu'il me fallait à ce moment ! Evasion, rigolades, émotions ! bref la vie !

J'ai toujours penser qu'il y avait des moments dans une vie pour découvrir tel ou tel texte. Et je remercie Carène pour le moment de bonheur qu'elle m'a offert grâce à cette lecture. Je ne peux que vous inviter à lire ce roman qui fait du bien et qui est écrit avec talent, de façon fluide et poétique aussi. 

Journal Créatif - Une page qui respire

 Il y a peu de temps, j'ai découvert que l'écriture, le coloriage, le dessin et même le collage ne sont pas seulement des activités pour les enfants, mais sont une véritable manière de "vider" le trop plein en nous, en moi. Le moyen de libérer ce qu'il y a en nous, bon comme mauvais, afin de nous sentir mieux et plus en phase avec soi-même. 

J'ai débuter par le coloriage. Je me suis rendu compte que, dans ma vie et mon stress citadin, cette activité me "vidait" totalement l'esprit et que je me sentais plus zen et surtout avec un sommeil plus naturel et détendu quand je faisais cette activité. 

Et comme, depuis toute gamine j'écris beaucoup ce que je ressens (je me souviens encore quand à 10 ans, après avoir vu le regard d'un enfant qui vivait dans un pays en proie à la violence, aux informations, j'ai écrit des lignes et des lignes dans mon cahier d'écolier, pour chasser de mon cœur se qui m'étouffait), j'ai eu envie de tester le journal créatif où comment apprendre à mieux se connaitre, à gérer ses émotions et à s'exprimer grâce à la créativité. 

J'ai donc fouiné sur le net, je suis tombée sur des pages personnelles de personnes s'adonnant à cette activité et je me suis lancée. Et voici le résultat de ma première page. 

Elle correspond à ce dont j'ai vraiment besoin depuis toujours, mais encore plus depuis février 2020 et la période compliquée que nous vivons. Je suis une fille de la nature, née dans le Jura, ayant vécu en Saône et Loire, à la campagne. Pourtant, depuis des années, je vis dans une grande ville, mais j'allais me ressourcer plusieurs fois par an, à la campagne, au vert, en montagne ou en forêt... mais là, cette nature me manque tellement, que j'ai l'impression d'étouffer. Voici donc ma page, qui loin d'être satisfaisante pour moi (j'ai tellement à apprendre), m'a apporté beaucoup de joie à faire et d'air. 


Et vous, faites vous ce genre d'activité créative ? 

lundi 3 mai 2021

Les rois maudits, T1, Le roi de fer - Maurice Druon

 


"Tous maudits, jusqu'à la treizième génération !" : telle est la funeste malédiction que le chef des templiers, depuis les flammes du bûcher, lance au visage de Philippe le Bel, roi de France. Nous sommes en 1314 et la prophétie va se réaliser : pendant plus d'un demi-siècle, les rois se succèdent sur le trône de France, mais n'y restent jamais bien longtemps. D'intrigues de palais en morts subites, de révolutions dynastiques en guerres meurtrières, c'est la valse des rois maudits... L'avenir de la France se joue pendant ces quelques années noires, période trouble de l'Histoire. Une époque extraordinaire, jamais ennuyeuse, comme romanesque... L'auteur l'a bien compris, lui qui conte les histoires secrètes du royaume et des hommes, de leurs passions comme de leurs faiblesses qui bien souvent bouleversèrent le sort de la France.


Mon avis
Pour ceux qui me connaissent, vous n'êtes pas sans savoir que le moyen-âge est une de mes périodes historiques fétiches. J'aime cette période à la complexité certaine, qui s'étale sur plus mille ans et qui est d'une richesse incroyable. Autant dire qu'il était quasiment obligatoire que je lise, enfin, les Rois Maudits, ce chef d'œuvre de Maurice Druon, qui dit-on à influencé bons nombres d'auteurs et de cinéastes, entre autre. 

Le récit débute sous le règne de Philippe Le Bel, ce roi qui a révolutionné le royaume et qui l'a rendu prospère, bien plus que ces prédécesseurs. L'ordre du Temple a été dissolu par le roi, Jacques Morlay, le grand-maître de l'ordre est mis à mort non sans avoir lancé une malédiction avant de rendre son dernier souffle. Et tout l'intrigue des rois maudits commence.

Je ne veux pas en dire trop, sachant déjà que si vous connaissez un peu la période, vous n'allez pas être surpris par certains passages ! Cependant, ce roman est extraordinaire. Il s'agit pour moi d'un véritable coup de cœur (les tomes suivants seront, j'espère, à la hauteur).  
Dès les premières pages je fus conquise. Non seulement la plume de Monsieur Druon est époustouflante et tellement contemporaine à l'époque dont il nous conte le quotidien, mais les personnages sont tellement dépeint avec moultes détails et richesses. Ce texte est une mine d'or ! 
Mon coup de cœur va pour le personnage de Robert d'Artois, qui bien que manipulateur, près à tout pour assouvir sa vengeance, a su me charmer et faire de moi une "groupie" qui attendait son apparition avec envie et désir !

Que dire du contexte, de l'histoire. Si bien sûr il y a des détails, des passages totalement romancés, il n'empêche que l'auteur colle au plus près de l'histoire, la vraie, la trépidante et passionnante. J'avais tellement l'impression d'être là, de faire partie du récit, de côtoyer tous ses personnages, de fouler le sol du château, les rues etc. J'ai vraiment vécu avec intensité ce récit. Tout y est, il ne manque rien, rien n'est superflue. J'ai tellement hâte de lire la suite. 

Je pense d'ailleurs déguster cette saga en lisant un tome par mois environ, histoire de faire durer le plaisir. 





dimanche 11 avril 2021

Souvenirs de lecture ou comment je suis devenue une lectrice !

Rien n'aurait pu prévoir que je devienne la lectrice que je suis aujourd'hui : passionnée par les livres, la littérature et l'Histoire.
A la maison, nous n'avions pas de livres. A part le programme télé de mes parents, rien ne ressemblait de près ou de loin à un livre.

C'est donc en classe que j'ai découvert ce qu'était un livre, ce qu'était des mots qui formaient une histoire. Et je crois, que ce fut la plus belle découverte de ma vie ! Dès mon entrée en classe de CP, mon institutrice m'a ouvert la porte à un nouveau monde, celui de la lecture. Je ne la remercierai jamais assez. 
J'ai appris à lire sur ce manuel : Au fil des mots

Comme j'aimais Béatrice et Yves. Ils étaient devenu mes meilleurs amis et, aujourd'hui encore à bientôt 37 ans, je me souviens comme d'hier de leurs aventures. 

 
Par la suite, j'ai toujours eu des institutrices et instituteur qui ont compris mon amour des livres et la difficultés pour moi d'en avoir à la maison. Ils me prêtaient leurs propres albums, avaient fait des pieds et des mains pour que la bibliothèque de mon école me laisse emprunter des livres pour la maison.

Le premier livre que j'ai eu vraiment à moi, c'était en CE2 quand mon institutrice m'a fait choisir (parce que j'avais obtenu le nombre d'images adéquates) entre une figurine et un livre...
Et là, j'ai choisi un livre sur les dinosaures. Et ma seconde passion à alors vu le jour : celle de l'Histoire, de la Paléontologie et Archéologie. Au fil des mois, d'autres ouvrages sont venus rejoindre ma bibliothèque personnelle. C'était devenu un défi pour moi : obtenir le plus de bon-points possible afin d'avoir le nombre d'images requis, et avoir le droit de choisir un livre ! 

Et enfin, un jour, à l'âge de 9 ans, j'ai découvert un vrai roman. Un livre de grande qui a déclenché chez moi une boulimie livresque qui ne m'a plus jamais lâchée. 
Mon grand frère devait lire, dans le cadre de ses cours, le roman de Tristan et Iseult. Mais comme pour lui, et le reste de ma famille d'ailleurs, un livre était une perte de temps, ce roman trainait dans un coin, prenant la poussière. 
Du haut de mes 9 ans, je dérobais le dit-ouvrage et le cachait dans ma chambre. Les nuits qui suivaient, caché sous la couette, avec ma lampe torche (le cliché par excellence, oui oui) j'ai lu et dévoré ce roman. Et depuis, j'ai du le lire au moins 50 fois, toujours le même exemplaire et toujours le même sentiment à sa lecture. Un vrai bonheur, un véritable instant de nostalgie !
Autant vous dire que dès lors, la passion, l'amour des livres, des histoires, des aventures, de l'Histoire ne m'a pas lâchée. Je n'ai jamais cessé de lire et je suis tellement heureuse de partager cette amour dévorant avec ma fille de 4 ans. Ensemble nous lisons des albums, elle aime se poser seule, dans son lit ou sur le canapé et raconter ses histoires, parfois à ses peluches. Et vous, quel est votre premier souvenir de lecture ?

Comment avez vous commencer à lire ? Qu'est ce qui explique cette passion chez vous ? Et oui, je suis curieuse !

samedi 10 avril 2021

Grandir un peu - Julien Rampin

 


Vieille dame un peu loufoque loue appartement meublé à dame de bonne compagnie. Loyer modéré contre menus services.» 
Il suffit parfois d’une petite annonce dans un journal pour faire basculer une vie. 
Dans le sud de la France, Jeanne Jambon, jeune femme peu sûre d’elle, décide sur un coup de tête de fuir une existence qui ne lui ressemble pas. Elle va trouver refuge auprès de Raymonde, une vieille dame fantasque et rebelle et de son petit-fils, Lucas, garçon solaire, beau comme un astre. 
Tous les trois vont alors tenter de s’apprivoiser et vivre une parenthèse enchantée, à l’abri du monde, et apprendre les uns des autres. Jusqu’au jour où la vie va finir par les rattraper et les obliger à grandir un peu… 
Un roman sur la différence, les regrets et le temps qui passe, lorsque l’enfant qui sommeille en chacun de nous décide de revenir à la surface.


Mon avis
Julien Rampin. Si j'ai eu envie de découvrir son roman, c'est parce que j'apprécie énormément le personnage publique, celui qui gravite sur les réseaux sociaux ; partageant ses lectures, ses coups de cœurs, ses coups de gueules, le tout avec une écriture magnifique, drôle ou poétique ! 
D'un côté, j'étais persuadé d'aimer sa plume, d'un autre j'avais une peur bleue d'être déçu par l'histoire… et au final, je suis tellement heureuse de cette lecture et du moment magnifique de Julien m'a offert avec ce roman. 

Je ne veux pas trop en dire sur l'histoire, car je pense qu'il faut vraiment découvrir ce roman sans rien en savoir ou presque. Se laisser porter par la plume de Julien et déambuler, main dans la main avec lui, dans la vie des ses trois personnages principaux.
Le seule chose que je vais vraiment vous dire c'est que nous suivons trois personnes qui, à priori, n'aurait pas du se croiser : il y a Jeanne Jambon (j'avoue que là, j'ai ris, mais j'ai ris), Raymonde, la grand-mère et son petit fils Lucas. Les trois personnages sont à un tournant de leur vie, ils vont changer et évoluer, ensemble et se soutenir.

Chaque personnage est vraiment attachant. Jeanne est un personnage auquel j'ai pu m'identifier, surtout quand elle commence à devenir elle, se révéler et s'épanouir. Raymonde est vraiment une mamie hors du commun, loufoque mais hyper adorable… et mon coup de cœur va à Lucas. Ce personnage m'a tellement émue, touchée. Son évolution est magnifique. J'aime le comparer à une chenille qui s'est transformé en papillon.

Julien Rampin nous offre un livre d'une qualité exceptionnelle. Quel plaisir de lecture, quelle poésie, quels personnages et quelle histoire. Mon avis semble bien peu de chose et mes mots bien fades face à un livre qui m'a autant touché. C'est un roman magnifique, doudou. Un livre qui fait du bien et que je vous invite à découvrir si ce n'est pas déjà fait. 






dimanche 4 avril 2021

Dans la forêt - Jean Hegland

 


Rien n’est plus comme avant : le monde tel qu’on le connaît semble avoir vacillé, plus d’électricité ni d’essence, les trains et les avions ne circulent plus. Des rumeurs courent, les gens fuient. Nell et Eva, dix-sept et dix-huit ans, vivent depuis toujours dans leur maison familiale, au cœur de la forêt. Quand la civilisation s’effondre et que leurs parents disparaissent, elles demeurent seules, bien décidées à survivre. Il leur reste, toujours vivantes, leurs passions de la danse et de la lecture, mais face à l’inconnu, il va falloir apprendre à grandir autrement, à se battre et à faire confiance à la forêt qui les entoure, emplie d’inépuisables richesses.

Mon avis
Beaucoup ont déjà parlé de ce livre qui à fait le tour de la sphère livresque interactive. 
Comme bien souvent, il me faut un temps avant de couvrir un roman que beaucoup encense. Je ne sais pas pourquoi… Peut-être par peur d'être déçu ! 

La fin de la civilisation telle que nous la connaissons (consommatrice, dépendante du pétrole, de l'électricité etc.) a eu lieu. Ici, dans ce roman, nous assistons à la fin d'un monde et à la survie de l'humanité à travers les mots de Nell, notre narratrice, qui dans son journal nous dépeint son quotidien et celui de sa sœur, Eva. C'est un roman fort, réaliste et pourtant simple. 

Au début du récit donc, Nell nous raconte comment elle tente, avec sa sœur, de s'organiser en attendant que tout "revienne à la normale". Nell est plutôt la raison du duo : elle fait attention, rationne et continue d'étudier. Alors qu'Eva, a tendance à ce comporter comme une gamine irréfléchi parfois, dilapidant les réserves et passant son temps enfermée dans son atelier, à danser sur une musique qui n'existe plus. 
Mais petit à petit, au fur et à mesure de l'avancer du récit et du temps qui s'égraine, les sœurs comprennent que leur monde n'existe plus, qu'il ne reviendra jamais plus et qu'il va falloir réinventer une nouvelle façon de vivre pour s'en sortir… 

Je ne rentre pas trop dans les détails de peur de trop en dire et de vous gâcher la lecture. J'ai moi-même découvert ce récit en n'en sachant rien ou presque et, c'est aussi ça qui a fait que cette lecture fut si forte, si intense, si bouleversante… 
C'est un roman tellement réaliste. Je n'ai pas cesser de me dire, tout au long de ma lecture, qu'il suffirait d'un rien pour que nous connaissions aussi ce que dépeint ici Jean Hegland. Et j'avoue que c'est, tout de même assez anxiogène. 
C'est un ouvrage terrible, cru. L'auteur ne tourne pas autour du pot et ne nous épargne rien. Tout au long du livre nous avons en opposition constante la laideur, l'horreur, la mort et la vie, la couleur, le beau. 
Il y a des scènes qui sont à la limite du dégout, du supportable. Mais toute nécessaire car faisant parties de ce que nous décrit l'auteur, la réalité du monde de Nell et Eva. Il y a juste une scène qui m'a décontenancée, je ne l'ai pas comprise, pas trouver nécessaire à l'histoire et même dégoutée. Mais bon, je ne peux pas vous dire que cette seule scène à gâcher ma lecture, car il n'en fut rien. 
Je me suis sentie extrêmement proche de Nell. Je ne sais pas expliquer si c'est à cause de sa personnalité ou du fait qu'elle est la narratrice et que nous avons accès à ses pensées, son ressenti..

Cette lecture m'a bouleversée, fait réfléchir. Encore aujourd'hui, plusieurs jours après la fin de ma lecture, j'y reviens, j'y repense. Ce ne fut pas un coup de cœur mais de peu. 
La plume de l'auteur est un petit bijou. Elle a su me faire ressentir tellement d'émotion, les odeurs, je sentais même l'herbe sous mes pieds ; rares sont les auteurs qui m'ont autant immergé dans leur récit. 
Je ne peux que vous conseiller cette lecture si vous ne l'avez encore pas lu. C'est un livre dur, cinglant mais beau et nécessaire. 





dimanche 21 mars 2021

Les amants de l'été 44 - Karine Lebert

 


Gemma Harper est une jeune New-Yorkaise ambitieuse dont les certitudes vacillent à la mort de sa mère. C’est au cœur d’une Normandie inconnue que ses pas vont la guider à la découverte de ses origines cachées, liées à celles de Philippine, femme au destin romanesque durant la Seconde Guerre mondiale. 2000, Gemma est une jeune New-Yorkaise vive, séduisante, pragmatique, travaillant avec passion dans l’entreprise familiale de produits alimentaires. A la mort de sa mère, elle découvre que sa « vraie » grand-mère était française ; elle décide alors de partir, seule, sur ses traces. Ce voyage à la recherche de ses origines la conduit en Normandie. En sillonnant la région, Pont-l’Evêque, Le Havre, Barfleur, Colleville, l’Américaine recueille les témoignages de ceux qui ont connu Philippine. Tout commence en 1944, quand, en faisant du marché noir à Deauville, la jeune Normande rencontre Ethan, un GI, cajun de Louisiane. Deux destins de femmes, deux continents, deux époques… L’une est en quête, la seconde se raconte. Gemma trouvera un nouveau sens à sa vie et comprendra comment Philippine a payé le prix de sa liberté. Avec en filigrane cette question douloureuse : pourquoi a-t-elle abandonné sa fille aux Etats-Unis ?

Mon avis
Depuis toujours, j'aime beaucoup l'histoire et également lire des romans à double temporalités. Je suis assez "obsédée" par la seconde guerre mondiale, comme si j'essayais de comprendre le pourquoi de tant d'horreurs. Alors ce roman de Karine Lebert avait, sur le papier, tout pour me plaire, d'autant plus qu'on allait y parler des GI, du débarquement en Normandie...

Pourtant ma lecture de ce roman, premier tome d'une duologie, a été plutôt difficile. Heureusement qu'il s'agissait d'une lecture commune, sinon je l'aurai abandonné dès le sixième chapitre. 
Habituellement, dans ce type de récit, je suis souvent plus attachée à la période dans le passé. Mais là, heureusement que la période moderne, où l'on suit Gemma était là pour sauver les meubles. 
Je n'aime pas être négative sur un roman, car l'auteur a, la plupart du temps, travailler son texte, y a mit toutes ses "trippes" comme on dit. 
Certes la plume de l'auteur ici est fluide, mais j'avoue que c'est peut-être un peu trop. J'ai, par exemple, trouvé que les dialogues n'étaient pas crédibles du tout, notamment ceux ce situant en 1944. J'avais parfois l'impression d'être la spectatrice d'un mauvais soap-opéra ! Vous savez le genre "Amour, gloire et beauté" ! Je levais les yeux au ciel, j'étais exaspérée. 

Concernant l'histoire en elle-même, j'ai été déçue. Et oui, désolé. 
L'auteur aurait pu en faire un récit tellement intéressant où j'aurai appris des choses sur le débarquement, sur les GI etc... Je pensais vraiment que j'allais être entrainée dans une quête du passé pour se trouver. Mais non, finalement ce roman est plus une romance qu'un roman historique. 
Quant aux personnages, tous plus fades et insipides les uns que les autres. Gemma est celle avec qui j'ai le plus accroché mais malheureusement je ne me suis attachée à aucun personnage. Et ça manque cruellement quand tu as déjà une histoire qui ne vaut pas le coup. 

Je suis vraiment triste de ne pas avoir apprécié cette lecture, mais bon beaucoup d'autres lecteurs l'ont apprécié et il a trouvé son public. 
Une chose est sûr, je ne lirai pas le second tome. 







dimanche 14 mars 2021

Hamish Macbeth 1 : Qui prend la mouche - M.C. Beaton


 

Policier du petit village de Lochdubh situé au beau milieu des Highlands en Écosse, Hamish Macbeth manque totalement d’ambition professionnelle mais il peut cependant compter sur son intuition naturelle pour mener à bien ses enquêtes. Ses qualités lui seront bien utiles quand le corps sans vie de Lady Jane Winters, langue de vipère notoire et participante au stage de pêche à la mouche du village, est retrouvé dans la rivière. Secondé par la délicieuse Priscilla Halburton-Smythe, Hamish s’immerge en eaux troubles pour démasquer l’assassin.


Mon avis
J'ai découvert récemment M.C. Beaton récemment avec le premier tome de sa série Agatha Raisin, qui a été un vrai coup de coeur. Forcément, j'ai eu envie de découvrir son autre personnage fard, Hamish. Et, je peux dire que je n'ai pas été déçu. 

Hamish est donc le policier du petit village de Lochdubh, au fin fond de la campagne. Hamish y vit seul avec son chien. Nous en apprenons peu d'Hamish finalement dans ce premier tome. L'intrigue se focalise plus sur John et Heather Cartwright et des participants à leur stage de pêche à la mouche. Et il y a fort à faire avec tout ce petit monde, certes très différent, hétéroclite mais au passé trouble, chacun cachant un secret que seule Lady Jane, la participante la plus exécrable et détester du petit groupe semble connaitre. 
Mais à force d'insupporter tout le monde, de lancer des piques sur chacun, Lady Jane prend des risques. Mais rien ne l'arrête, tous souhaite même la voir disparaitre à un moment donné. Aussi quand Lady Jane est retrouvé flottante, bel et bien morte, la liste de potentiel coupable ne manque pas.

Avec ce premier tome, l'auteur prend le temps d'installer son décor, de s'intéresser à chaque personnage, à chaque caractère. Le seul, finalement, dont on sait le moins de choses c'est Hamish, mais vu que nous le retrouverons de tome en tome, nous en sauront plus au fil du temps. Pour autant, Hamish est un personnage que j'ai aimé ; combien de fois ai-je été morte de rire lorsqu'il prenait la parole, à ses jeux de mots ou dans son comportement ! J'ai tout de même hâte de mieux le connaitre et c'est un des reproches que je ferais à ce premier tome, Hamish n'est pas assez présent, pas assez mit en avant. 
Quant aux autres personnages, nous avons de tout... certains m'ont énormément plus comme Charlie, ce garçon de 12 ans, participant seul à ce stage et logeant chez sa tante, d'autres m'ont exaspéré par leur naïveté tournant limité à la bêtise, comme Alice et d'autres encore m'ont donné la nausée comme Jeremy, un des pire hommes que l'Angleterre compte... tout en lui m'a sortie par les yeux. Bref, vous ne serez pas en reste et vous aussi prendrez plaisir à aimer ou maudire certains personnages. 

Si j'ai aimé que l'auteur prenne son temps pour planter son décor, présenter les personnages avant que le meurtre ai lieu, j'avoue que j'ai trouvé la suite (enquête et révélation) beaucoup trop rapide. C'est un des point faible de ce tome, mais soyons clair ça ne m'empêchera certainement pas de lire la suite, tant j'ai aimé la plume de l'auteur, son humour et l'ambiance cosy qui se dégage de ces pages. Je peux même vous avouez que moi aussi je n'avais qu'une envie c'est de partir en écosse faire un stage de pêche au saumon (ne me jetez pas à la pierre, mais j'ai même regarder sur le net les prix pour ce genre de vacances, histoire de). 

Je suis tellement contente d'avoir découvert Hamish et surtout de continuer ma découverte des écrits de M.C. Beaton dont, en seulement deux livres, je suis tombée en amour ! 
 



lundi 1 mars 2021

Où l'océan rencontre le ciel - The Fan Brothers

 


Lucas n'a plus que des souvenirs de son grand-père. Ce dernier lui parlait souvent d'un endroit lointain, là où l'océan rencontre le ciel. Pour ne pas l'oublier, le jeune garçon décide de construire un bateau et démarre un long voyage. Arrivera-t-il à destination ?









Avec ma danseuse étoile, nous aimons découvrir des albums, nous y plonger ensemble et nous laisser envahir par les histoires, les illustrations. J'avais remarqué cet album notamment chez Sous le feuillage et chez Liyah (toutes deux mes premières sources d'inspiration pour ce qui est de la littérature jeunesse). 
Je n'avais encore jamais découvert l'univers de The Fan Brothers, et vu les avis plus que positifs, je n'ai pas hésité. 




Un après-midi d'hiver, par pluie et froid, emmitouflées sous la couette, ma fille et moi avons découvert cette histoire que nous avons tout de suite aimé. 
Aina a été conquise, a été très attirée par les magnifiques illustrations, posait beaucoup de question... bref elle a été émerveillée ! 



Et que vous dire de mon ressentie : j'ai été subjuguée. J'aime ses histoires douces, où la réalité et l'imaginaire se côtoie... Les illustrations sont oniriques à souhait et tellement emprunte de poésie ! Et le thème, très fort, incontournable et raconter avec une telle douceur, une telle attention... 

J'ai vraiment particulièrement été touchée par cet album, cette histoire très émouvante. Quand je le lis, avec ma fille, j'ai des frissons, les larmes aux yeux. Nous le relisons très régulièrement. 
Et, nous avons toutes deux hâte de découvrir un autre ouvrage de The Fan Brothers. 




mardi 13 octobre 2020

Rêves de trappeur - Rock & Kathryn Boivin

 

Rock est un jeune homme assoiffé d'aventure, un Québécois fort en gueule et grand admirateur de Davy Crockett. À dix-huit ans, il lâche tout – ses études, son confort – et part dans le Yukon, sur les traces des pionniers et des chercheurs d'or si chers à Jack London. Au début des années 1980, sa route croise celle de Kathryn, une Calamity Jane qui tient tête à tous les machos qui l'entourent. Elle aussi a quitté sa famille pour cette région. C'est la rencontre de deux personnalités hors du commun. Follement amoureux et portés par les mêmes rêves, la même quête d'absolu et de liberté, Kathryn et Rock répondent à l'appel de la forêt et décident de vivre au cœur du "bush", dans le Grand Nord canadien, selon la tradition des "coureurs des bois".



Mon avis
Déjà enfant, j'étais attirée par les grands espaces, par les lacs, les montagnes et les forêts, les rivières. Sûrement du à ma naissance dans le Jura ou juste par ce que, déjà, j'étais consciente de l'importance de la nature dans la vie de l'homme. 
Adolescente, j'ai eu le bonheur de découvrir le film de Nicolas Vanier, Le dernier trappeur. Là, ce fut pour moi une révélation... j'ai découvert une nature pure, si sauvage mais si belle que j'en ai pleuré d'émotions. Et je me suis promis, qu'un jour, je vivrais au plus proche de la nature, dans un des ses grands espaces que j'aime tant. 
Depuis lors, mon amour pour le Grand Nord ou les pays nordiques n'a cessé de croître. Et c'est donc tout naturellement que je me suis tournée vers ce récit de vie. 

Dès que j'ai ouvert l'ouvrage écrit à quatre mains des époux Boivin, j'ai su que j'allais vivre un moment d'une grande force, où la puissance de la nature et sa magnificence allait me submerger. 
En plongeant dans ce récit, j'ai eu l'impression, très plaisante, de plonger dans un roman du grand Jack London. Tout y est : la force de la nature, la fragilité de l'homme, la beauté des paysages, le dépassement de soi et la danse merveilleuse entre l'homme et la nature, chacun essayant d'apprivoiser l'autre, pour finalement mener à quelque chose de totalement hypnotisant, de totalement marquant. 

C'est un récit fort, qui nous rappel à quel point l'homme à besoin de la nature pour s'épanouir. Mais aussi à quel point, cette nature bien que d'une puissance folle et aussi très fragile et qu'il nous faut la préserver. 
J'ai totalement adhéré au constat que fait Kathryn, à la fin du récit : "vivre est plus important que posséder". 

Le Yukon est tout simplement magnifique et j'ai tellement aimé le fait que, Rock et Kathryn ne cherche pas à dissimulé la dureté d'une vie dans cette région, au plus près de la nature. 
Pourtant, nous ne pouvons que vivre et même survivre en accord avec la nature, main dans la main. 
Nous faisons partie d'elle, comme elle fait partie de nous ! 

mercredi 22 juillet 2020

Fahrenheit 451 - Ray Bradbury


451 degrés Fahrenheit représentent la température à laquelle un livre s'enflamme et se consume. Dans cette société future où la lecture, source de questionnement et de réflexion, est considérée comme un acte antisocial, un corps spécial de pompiers est chargé de brûler tous les livres dont la détention est interdite pour le bien collectif. Montag, le pompier pyromane, se met pourtant à rêver d'un monde différent, qui ne bannirait pas la littérature et l'imaginaire au profit d'un bonheur immédiatement consommable. Il devient dès lors un dangereux criminel, impitoyablement pourchassé par une société qui désavoue son passé. 
 
Mon avis :
J’avais souvent entendu parler de ce roman de science-fiction, dans divers magazines littéraires, dans des émissions culturelles ou par des lecteurs. Mais je ne m’étais encore jamais sentie prête pour le lire. Le désir de me plonger dans ce roman est venu, comme une évidence, d’autant plus que j’avais le roman de Ray Bradbury dans ma bibliothèque depuis quelques mois. 
 
Guy Montag est un pompier, mais pas tel que nous les connaissons aujourd'hui. Les pompiers de ce roman allument des feux, au lieu de les éteindre. Mais que brûlent-ils ? Des livres… Car dans la société du futur que nous présente l’auteur, les livres sont considérés comme des horreurs, des inutilités… La société futuriste imaginée par Ray Bradbury condamne le questionnement et la réflexion (considéré comme antisocial, propagande de la paresse mentale), d’où l’anéantissement des livres (qui eux poussent à la réflexion, au questionnement, au débat…). Les pompiers sont donc chargés de brûler les livres, cachés par des citoyens, faisant acte de résistance. 
Mais un évènement et une rencontre (avec Clarisse McClellan) « réveillera » Guy Montag et lui fera prendre conscience que la vie, la vraie n’est pas celle qu'on les oblige à vivre ; et que les livres, l’accès à la culture sont des plus important. 
 
Ce livre est un vrai bijou. 
Commençons par le style de l’auteur. J’aime beaucoup sa manière d’aborder les choses, de donner vie aux personnages. Sa plume délicate, poétique, mais toujours puissante et passionnante m’a conduite au cœur du roman, vivant, moi aussi dans cette société totalitaire. Le roman est brillamment construit, je n’ai pas trouvé de longueur, ni de passage inutile. Tout y est essentiel, important…
 
J’ai été choqué par la société imaginée par Ray Bradbury. J’ai été choqué par la tendance à être un troupeau, déconnecté de la réalité, de la population. Ray Bradbury a créé une société totalitaire comme il en a existé plein et comme, malheureusement, il en existera toujours. Déjà dans le passé les livres étaient brûlés en place public, car jugés comme sataniques, détournant les femmes, les hommes et les enfants du droit chemin. 
Encore aujourd'hui, dans certains pays lire un livre n’est pas permis à tout le monde, et certains livres sont interdits. Même dans les démocraties, certains livres, même s’ils ne sont pas interdits, sont estimés dangereux et immoraux par certaines personnes, certaines communautés. 
Ainsi l’œuvre de Ray Bradbury est un livre d’anticipation très réaliste. L’individualisme est le moteur de la société de Fahrenheit 451. Chacun vit pour soi, se contentant seulement de vivre de choses futiles, inutiles, mais tout en suivant l’avis général ; les gens me font penser à des moutons mener bêtement par un berger totalitaire (le gouvernement). 

En lisant ce roman, je n’ai pas pu m’empêcher de pensé à la montée du totalitarisme nazi et aux autodafés. Terrible. Ce qui m’a aussi frappé, dans ce roman, c’est que le livre de Ray Bradbury, publié la première fois en 1953, montre une société qui ressemble beaucoup à la nôtre. Combien de fois ne me suis-je pas écrié « mais c’est pareil, ici, aujourd'hui… », « C’est tout à fait ça maintenant, ici… ». Ainsi Ray Bradbury a inventé, avant l’heure les écrans plats géants (les murs écrans), les baladeurs mp3 (les coquillages bourdonnant)… il avait vu la place immense que tiendrait la publicité dans les sociétés consommatrices, il avait vu l’expansion de la mondialisation… 
 
Pas de « happy end » dans ce livre, qui semble montrer par-là, que pour que l’humanité change et devienne « meilleure », il faut qu'elle soit d’abord anéanti… Vous l’aurez donc compris, cette œuvre est un grand classique du genre. 
Un ouvrage passionnant et très bien écrit. Tant le thème abordé que la plume de Ray Bradbury m’ont plu, m’ont intéressés. J’ai passé un moment passionnant de lecture, car au-delà du divertissement, se livre amène à la réflexion. Si vous ne l’avez pas encore lu, n’hésitez plus, car je pense que même les lecteurs qui ne sont pas du tout attirés par la science-fiction, seront captivés par ce roman.

lundi 20 juillet 2020

Meurtre en Mésopotamie - Agatha Christie


En arrivant sur le chantier de fouilles de Tell Yarimjah, Miss Amy Leatheran ouvre de grands yeux. Quoi de plus dépaysant pour une jeune infirmière que ce pays exotique, cette équipe d'archéologues installée loin de tout ? Et quelle mission singulière que d'avoir à veiller sur la belle Mrs Leidner, en proie à des hallucinations et des terreurs diverses... Miss Leatheran va tâcher de s'acquitter au mieux de ses fonctions. Mais, de masques terrifiants paraissant à la fenêtre en menaçantes lettres anonymes, les angoisses de Mrs Liedner vont finir par l'étreindre à son tour. Et lorsque cette dernière sera assassinée, Amy aura le rare privilège d'assister de près à une enquête de l'illustre Hercule Poirot... 

Mon avis
Dans ma vie de lectrice, il y a des auteurs auprès desquels j'aime revenir régulièrement, entre deux autres lectures. C'est le cas de ma chère Agatha Christie, qui a fait naître en moi mon amour pour l'Angleterre, il y a de cela bien des années. 
 
Une fois n'est pas coutume, c'est vers son héros belge, un de mes personnages littéraires fétiches, que j'aime d'amour, que je me suis tournée. Je ne reviendrai pas sur l'intrigue tout d'abord parce que la quatrième de couverture résume parfaitement celle-ci mais également par peur de trop en dire, et de vous gâcher le plaisir de lecture. 

Dès l'ouverture du roman, j'ai retrouvé avec délice la plume de la reine du crime. 
Lire Agatha Christie est pour moi comme plonger dans un lit au milieu de couverture et coussin bien douillet, au chaud, une thé brûlant dans une main, le roman dans l'autre, un air de musique classique en fond sonore... un avant goût de paradis ! 
A l'ouverture du roman, et pendant un tiers et l'ouvrage notre ami Hercule Poirot n'est pas de la partie. Notre narratrice Mrs Leatheran nous campe l'histoire et nous décrit, à merveille, tous les personnages parsemant ce récit. Une fois que le crime à eu lieu, Hercule entre en scène ; il a été interpellé par le docteur Reilly alors qu'il s'en revenait de Syrie et qu'il devait retourner en Angleterre. 
Les petites cellules grises de notre cher détective étaient indispensable pour élucider ce crime bien mystérieux. 
 
Comme toujours, Agatha m'a mener en bateau. Elle me faisait soupçonner certains personnages que je trouvais quelque peu mystérieux ou exécrables ; elle m'en faisait aimer d'autres, les croyants au dessus de tout soupçons... et puis, en quelques secondes, un revirement de situation, un geste, une paroles me faisait revoir mon jugement. 
J'avais beau noté les indices ou des faits qui me semblait important, sur un note papier à mes côtés, je me suis totalement fait avoir quand, en fin d'ouvrage, Hercule révèle le fin mot de l'histoire et le coupable de ce meurtre odieux ! 
Tout le talent d'Agatha Christie est là : une plume incisive et fluide, un rythme particulièrement soutenue, des personnages au caractère bien trempé et inoubliable, des situations cocasses et du suspens à n'en plus finir. 
Sans oublier ici l'aspect aventure puisque nous sommes en Irak sur le site de fouilles archéologiques (ce qui a rajouté à mon plaisir de lecture, étant passionnée par l'histoire et l'archéologie). 
Je ne peux donc que vous conseillez, une fois de plus, les ouvrages d'Agatha et particulièrement celui-ci.

jeudi 16 juillet 2020

La sans par - Christiana Moreau


A la mort de sa grand-mère, Maria, Silvia (restauratrice d’œuvres d'art en Belgique) hérite d'un magnifique buste de femme : La sans par. 
L’œuvre date de 1494 et, est signée par une femme, Costanza Marsiati. Elle découvrira bien vite, que le modèle n'est autre que Simonetta Vespucci, magnifique femme ayant de servie de modèle idéal à Botticelli et bien d'autres. 
Silvia souhaite en savoir plus sur l'artiste, sur Simonetta et sur l'histoire de cette statue, qui se transmet de mère en fille depuis des générations. Elle part donc à Florence, ville de beauté où l'histoire de la sans par s'est jouée. 
 
Ce roman historique de Christiana Moreau nous dévoile le destin de quatre femmes extraordinaires : Silvia, Maria, Costanza et Simonetta. 
Avec elles, c'est l'histoire des femmes, de l'art et de l'humanité qui nous est contée. Simonetta Vespucci était une femme issue d'une famille noble, d'une grande beauté (de corps et d'esprit). Beaucoup tombèrent sous son charme, notamment Botticelli, Leonard de Vinci, alors simple élève dans une bottega, Poliziano et même Giuliano de'Medici, qui fut son amant (et aussi l'autre modèle idéal, le masculin, de Botticelli).  
Que ce soit dans La naissance de Vénus, dans Le printemps ou d'autres œuvres du grand Botticelli, c'est le visage, la silhouette de Simonetta que nous admirons. 
 
Costanza Marsiati est la fille d'un artisan potier de la célèbre ville d'Impruneta, réputée pour son argile grise de grande qualité, prenant une couleur ocre après cuisson. Cette jeune fille courageuse, passionnée n'a qu'un désir : être une artiste. Elle décide alors de rejoindre Florence, là où sous l'impulsion des Médicis, l'art à pris son envol. 
Elle souhaite intégrer l'atelier des frères Pollaiulo. Mais à l'époque, Savonarole, un moine sans scrupule gagne petit à petit le cœur des florentins. Les femmes n'ont pas le droit d'être artiste (d'où le déguisement de garçon que Costanza revêt, pour intégrer la bottega). 
Savonarole fait la chasse aux sorcières et aux vanités. Florence et ses artistes s'apprêtent à vivre des heures sombres. 
 
Maria, la grand-mère de Silvia, a du quitter sa Toscane natale, avec La sans par dans sa valise, afin de rejoindre son marie en Belgique. Après la guerre, l'Italie connait une crise, la Belgique a besoin de main d’œuvre. 
Un échange écœurant est donc mis en place : contre un ouvrier italien qui viendra travailler dans les mines belge, le gouvernement italien recevra du charbon ! Outre les conditions de travail difficile et dangereuse, les accidents, les mineurs, leurs familles doivent se parquer dans les baraquements des camps de concentration que les allemands avaient construit là, pendant la guerre. 
 
Quatre femmes, quatre époques et quatre combats. 
D'une plume alerte, douce et fluide, Christiana Moreau nous entraîne sur les pas de femmes merveilleuses, de la Renaissance à nos jours. 
Le style de l'auteur, son immense travail de recherche et de documentation, font de cette œuvre, un ouvrage passionnant, d'une grande richesse où la beauté transpire. 
Ce roman historique est essentiel pour qui aime l'art, la Renaissance italienne, l'histoire et la beauté. Je suis, quant à moi, de plus en plus attirée par cette période, par les Médicis, par Florence et, cet ouvrage magnifique, que je vous conseille, est un incontournable de toute bibliothèque !

dimanche 12 juillet 2020

La passion Lippi - Sophie Chauveau


Florence 1414. Un enfant hirsute, aux pieds couverts de corne, griffonne furieusement une fresque remarquable à même le sol d'une ruelle des bas-fonds de la ville. Miraculeusement repéré par Cosme de Médicis et placé au couvent des Carmes, il va faire souffler un vent de passion sur la peinture de la Renaissance. Moine et libertin, artiste intransigeant et manipulateur sans scrupules, futur maître de Botticelli, ses sublimes madones bouleversent son époque. Elles lui sont pourtant très intimement inspirées par les filles des maisons de plaisir de Florence qui en ont fait leur petit prince caché. Bravant tous les interdits et jusqu'à l'autorité suprême du Pape, il commet par amour l'ultime provocation. Le scandale le pousse à l'exil et le renvoie au secret sanglant enfoui au cœur de son enfance. Peintre voyou, ange ivre, fra Filippo Lippi invente un rapport nouveau entre l'art et le monde de l'argent et, le premier, fait passer les peintres du statut d'artisans estimés à celui d'artistes reconnus. 
 
Mon avis
La passion Lippi est une formidable découverte. 
Le roman, qui a demandé quatre ans de recherches à Sophie Chauveau, débute en 1414 dans la délicieuse Florence. Cosme de Médicis découvre dans une ruelle un enfant dont la corne sous les pieds est impressionnante, "une corne à avoir marché depuis des milliers d'années". Cet enfant en haillons dessine dans la poussière des rues, un Mont des Oliviers plus vrai que nature. Cosme décèle le génie et, dès lors, la vie de cet enfant aux pieds cornus, Filippo Lippi, va se voir transformée. 
 
L'écriture poétique, puissante de Sophie Chauveau m'a tout de suite emmené aux côtés de Filippo, Guido, Cosme, Pierre et les autres, dans une Florence grandiose. Je me suis tout de suite attachée à cet enfant miséreux, en grande souffrance, qui deviendra le peintre de génie que nous connaissons : novateur mais aussi moine provocateur, libertin au caractère bien trempé. Même si parfois, on désapprouve les actes de Lippi, même si ce qu'il fait n'est pas toujours bien, je n'ai pas pu m'empêcher de l'aimer, comme si je l'avais en face de moi, et qu'il jouait de ses charmes pour me rendre amoureuse de lui, de ses œuvres. 
 
C'est vrai, le roman de Sophie Chauveau est une grande oeuvre d'art au même titre que les peintures de Fra Filippo Lippi, qu'il peint dans les églises, en commandes privées de "grandi" ou dans les bordels de la ville, où il trouve réconfort et guérison, auprès de ces "putains" dont il se sent si proche. 
Pas un moment d'ennui, tout est beauté, passion et charme. 
Maintes fois, je n'ai pu m'empêcher de relire certains passages, particulièrement beaux et intenses, comme ceux concernant l'art. 

Le destin du plus grand peintre de la Renaissance est hors du commun, empli de souffrance, de douleur mais aussi de beauté, d'amitiés solides et sincères, d'amour. Le livre de Sophie Chauveau regorge de tout ce qui fait une vie ; son écriture est sensuelle et magnifique. Un roman, une biographie, une peinture magistrale.

mercredi 1 juillet 2020

Le rapport de Brodeck - Philippe Claudel



Je m'appelle Brodeck et je n'y suis pour rien. Je tiens à le dire. Il faut que tout le monde le sache. Moi ne n'ai rien fait, et lorsque j'ai su ce qui venait de se passer, j'aurais aimé ne jamais en parler, ligoter ma mémoire, la tenir bien serrée dans ses liens de façon à ce qu'elle demeure tranquille comme une fouine dans une nasse de fer. Mais les autres m'ont forcé : "Toi, tu sais écrire, m'ont-ils dit, tu as fait des études". J'ai répondu que c'étaient de toutes petites études, des études même pas terminées d'ailleurs, et qui ne m'ont pas laissé un grand souvenir. Ils n'ont rien voulu savoir : "Tu sais écrire, tu sais les mots, et comment on les utilise, et comment aussi ils peuvent dire les choses. Ça suffira. Nous on ne sait pas faire cela. On s'embrouillerait, mais toi, tu diras, et alors ils te croiront". 

Mon avis
Ce roman, qui pour moi semble le témoignage vrai d'un homme vrai, est un livre difficile à lire, bouleversant et, qui nous remet en question, qui remet en question l'humanité. Je ne peux pas dire que j'ai aimé ce livre, car ceci reviendrait à dire que j'ai aimé l'horreur, la souffrance, l'inhumanité et la noirceur qui hantent ces pages. Pour autant, ce récit est magnifique, intense et malheureusement nécessaire pour ne pas oublier. Nécessaire car je n'arriverai jamais, malgré mes nombreuses lectures (romans, essais, témoignages) à comprendre la folie humaine, le besoin pour un être humain (homme ou femme, d'ailleurs) de faire souffrir, d'humilier, d'anéantir un de ses semblables. Car entendons-nous bien, tous les êtres humains, quels qu'ils soient sont identiques... 
Je suis peut-être trop naïve, mais je n'arrive pas à comprendre pourquoi tant de personnes en détestent d'autres au point d'en commettre des actes affreux. 

Chaque page de l'ouvrage de Philippe Claudel dépeint toute cette monstruosité qui pourrie le monde, à m'en faire venir la nausée. 
Chaque page montre les faiblesses humaines, ne cherchant pas à les excuser, mais plutôt d'essayer vainement, de comprendre ce qui pousse un individu à agir ainsi... Et comment un seul homme, avec une idéologie infâme, peut-il ainsi entraîner des millions d'hommes à la mort ? 
 J'ai toujours, depuis mes années collège et l'étude de ces périodes sombres de l'histoire, été horrifiée (le mot n'est certainement pas assez fort) de voir jusqu'à quel point l'humain peut tomber bas. J'imagine la douleur, le courage aussi qu'il a fallu à l'auteur de ce roman, pour essayer de raconter tout cela. 

Tout au long du livre, Brodeck nous raconte l'atrocité qu'il a vécu, qu'il vit, que d'autres ont vécu, mais aussi les poisons que lui-même a pu infliger à d'autres. Mais Brodeck, à travers ces pages, semble tellement différent de ces bourreaux, car il a conscience de l'horreur, de la rage, des ténèbres berçant ce monde et il en a honte ; cette honte le ronge. 
Il m'a été très sympathique, j'ai eu parfois envie de le prendre dans mes bras, comme le ferait une mère, et de le rassurer, le protéger... 
Souvent, à cette lecture, les larmes me sont venu, la douleur étant trop intense, les émotions tellement forte que j'ai dû fermer le livre, le mettre de côté un moment. Mais le talent de Philippe Claudel et la voix de Brodeck m'obsédaient tellement, jusqu'à n'en plus pouvoir dormi, qu'il me fallait continuer. 
Ce récit vivra en moi, encore longtemps. L'auteur signe ici une œuvre majestueuse, émouvante, intense et horrible à la fois. Ce livre est nécessaire et, il me plait à croire que grâce à de tels ouvrages, lu par des millions, permettront que de telles atrocités ne se répètent plus jamais... 

Extraits :
"La guerre... Peut-être les peuples ont-ils besoin de ces cauchemars. Ils saccagent ce qu'ils ont mis des siècles à construire. On détruit ce qu'hier on louait. On autorise ce qu'on interdisait. On favorise ce que jadis on condamnait. La guerre, c'est une grande main qui balaie le monde. C'est le lieu où triomphe le médiocre, le criminel reçoit l'auréole du saint, on se prosterne devant lui, on l'acclame, on l'adule. Faut-il donc que la vie paraisse aux hommes d'une si lugubre monotonie pour qu'ils désirent ainsi le massacre et la ruine ? Je les ais vus bondir au bord du gouffre, cheminer sur son arête et regarder avec fascination l'horreur du vide dans lequel s'agitaient les viles passions. Détruire ! Souiller ! Violer ! Égorger ! Si tu les avais vus..."

"L'idiotie est une maladie qui va bien avec la peur. L'une et l'autre s'engraissent mutuellement, créant une gangrène qui ne demande qu'à se propager."

"Moi, j'ai choisi de vivre et ma punition, c'est ma vie. C'est comme cela que je vois les choses. Ma punition, ce sont toutes les souffrances que j'ai endurées ensuite. C'est "Chien Brodeck". C'est le silence d'Emelia, que parfois j'interprète comme le plus grand des reproches. Ce sont les cauchemars toutes les nuits. Et c'est surtout une sensation perpétuelle d'habiter un corps que j'ai volé jadis grâce à quelques gouttes d'eau."

Les dames de Marlow - Robert Thorogood

  Dans la petite ville de Marlow, en Angleterre, Judith Potts, 77 ans, mène la vie qui lui plaît. Elle boit un peu trop de whisky et se baig...